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Steve Walker ; Mes mecs à moi, texte Doris VasIloff, revue Parcours 2001Steve Walker est originaire de la région de Toronto. Il est à l'image de ses peintures : beau et grand. Actif comme peintre depuis plus de dix ans, Il fait des ravages. Il est représenté par des galeries de Montréal, Toronto, Los Angeles et Key West. Ses toiles se vendent à la vitesse de l'éclair ; même si le sujet soulève parfois la controverse. Walker a ce besoin social d'afficher sa masculinité gaie, de dépeindre « une certaine culture »: la sienne. Il ne verse pas dans l’érotisme, bien que ses toiles. empreintes de sensualité, éveIllent le désir. L'artiste admet que la facture de ses oeuvres est commerciale, a la mode. « Oui, enchérit-il aimablement, Il y a des cliches gais dans mes toiles, c'est que cette cote trivial existe et représente la réalité que je vis, mon monde. Mes mecs a moi : Ils sont beaux, jeunes, portent des t-shirts sexy des années cinquante et des bottes. Oui, la « Drag Queen » assise au bar dans le tableau Boys Night est une allusion a Barbara Streisand, l'idole des gais. C'est du cliche, mais c'est vrai ! On me demande souvent pourquoi je ne peins pas des hommes ordinaires ou vieillissants. La réponse est toute simple : ce n'est pas la réalité que je choisis de peindre. Quand je serai plus vieux, ces sujets me toucheront peut-être, mais pour l'instant je me sens plus près de la jeunesse. » La peinture de Walker nous invite à apprivoiser la vie conjugale gaie. II tente de montrer qu'elle a ses incertitudes, sa tendresse, sa spiritualité propre. Ses tableaux grand format sont entièrement enrobés de cette tendresse. On la sent dans le geste qui retouche une cravate, dans la main qui tend un pinceau ou dans un regard tristounet. Même de dos, ses personnages sont expressifs. La grâce du néglige de ses étoffes aux amples plis permet à Walker de souligner l'émotion. Son approche du drape si soigne lui vient de son admiration pour les peintres néoclassiques, caravagistes et de la Renaissance. Sa technique est classique, mais le sujet est résolument contemporain. Il se garde bien de faire du photoréalisme. On parlera plus justement de réalisme stylise, non pas, selon lui, a la manière de ColvIlle, comme plusieurs le prétendent, mais plus près de Kent Derby. Walker pense d'abord a son sujet, qui est toujours figuratif. Tout est calculé. II organise sa toile et élabore une composition spatiale bien précise. Ensuite, il installe ses modèles en studio ou il les photographie dans des attitudes préétablies. Il griffonne des croquis, photographie des bars, des lieux publics, puis, ayant réuni tout le matériel nécessaire, Il dispose enfin sur la toile ses éléments en fonction de son plan de départ. Walker peint comme d'autres font du vitrail, presque religieusement. Il n'utilise que des pinceaux, une quarantaine, des plus fins aux plus larges. Tout est détaIl et minutie. Les cheveux, les poils peints un a un semblent l’œuvre d'un chirurgien quelque peu maniaque. Mais l'excès de Walker se limite à son obsession du détail et de l'anecdote, car sa palette est tout en douceur grâce aux tons de bleu, de gris, de turquoise et parfois d'orange qu'Il privilégie. La lumière est l'une des principales qualités de sa peinture. Elle s'installe dans le tableau, vibrante et tranquille. Un jour, Walker peindra des scènes de rue du Mexique, la vie des autres cette fois. « Mais, hâte-t-il de préciser: toujours avec la touche Walker!
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