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Blagodaria

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Rouler
en Mercedes jaune
Sur des routes de campagne en Bulgarie
Quelle étrange sensation.
Après plusieurs kilomètres sur
ces routes cahoteuses
Première halte, premier contact
avec ses habitants. |
Le regard
insistant que je croise est celui d'un paysan dépaysé
par mon arrivée.
Il a le visage rugueux mais un sourire de pêche, ses yeux sont
bleus et profonds comme le Danube et tout aussi inquiétants.
Il m'offre dans un dialecte bulgare son petit pot de yaourt frais et
du miel de son rucher, dont il m'indique la provenance sur la colline.
Un peu confuse mais rassurée par le geste franc et chaleureux
de cet homme, je lui souris en lui demandant: «
Kolko léva?! » (Combien?)
Il répond dans son dialecte et, voyant ma confusion s'intensifier,
il me parle avec ses mains. Je lui offre la monnaie et le remercie dans
la langue du pays: « Blagodaria!
»
Alors il éclate d'un rire haut et fort en répétant
plusieurs fois: « Blagodaria, blagodaria…
»
Je le salue une dernière fois de la main et reprends la route
dans ma Mercedes jaune. La chaussée s'étirait devant moi
courant vers l'infini : je me sentais bien, j'étais nulle part.
Je traversais des villages sans pouvoir m'arrêter, la brunante
se déposait tout doucement sur les cheminées ou les cigognes
venaient se nicher. Je croisais les derniers paysans accompagnés
de leur âne.
Alors que la nuit s'agrandissait diminuant ainsi ma vision des choses,
je regardais en souriant du coin de l'œil le miel et le yaourt
sur le plancher de la voiture. J'étais en forme pour rouler toute
la nuit: j'avais du rêve sur les lèvres, Blagodaria.
Doris Blanchet Vasiloff, juillet 1987, souvenirs de Bulgarie en hommage
à mon grand-père maternel Todor Vasiloff (RIP)
Extrait
du Forum Bulgare : http://www.forumbulgare.ca/pages/mai2003/society03.shtml

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