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André Michel, peintre ethnographe

André Michel  

Né à Avignon, en France, André Michel arrive au Canada en 1970 et décide de s'installer dans le nord du Québec, il y passe 18 années. Il est fasciné par les paysages dépouillés mais bien davantage par les Indiens montagnes auxquels il a tôt fait de s'attacher. Il les côtoie quotidiennement, allant même jusqu'à les accompagner en forêt. «J'ai assisté à des cérémonies vraiment saisissantes. Des danses et des chants précèdent et suivent le moment où l'animal est tué. Une fois que la bête est dépecée, ses os sont suspendus aux arbres, une façon de lui rendre hommage. »

Tous les travaux du peintre ethnographe André Michel sont centrés autour des Amérindiens, de l'amour qu'il leur voue, du respect qu'il leur porte. Au fil de sa carrière qui le fera exposer sa vision des premiers habitants du pays partout dans le monde, il a trouvé le temps de fonder le Musée de Sept-Îles, le Musée régional de la Côte-Nord, le Musée d'art de Mont Saint-Hilaire et, plus récemment, la Maison des cultures amérindiennes, également à Mont Saint-Hilaire. En 1996, il publiait Cuisine amérindienne, aux Éditions de l'Homme, un ouvrage qu'il a réalisé de pair avec Françoise Kayler, journaliste et critique gastronomique bien connue.

Rien, dans la vie française du peintre André Michel, ne pouvait laisser présager du destin qui l'attendait au Québec. Il s'inscrit dans la lignée de peintres comme Georges Catlin et Charles Bodmer qui ont voulu témoigner de la grandeur des Indiens d'Amérique du Nord. Il appartient à cette race de pionniers, artisans patients et butés qui transforment le monde en le façonnant. André Michel le peintre est aussi un habile sculpteur dont le nom restera gravé dans les mémoires de la terre.

Entre deux mondes, exposition 1992, commentaires:

C’est au début des années 1970 que André Michel a commencé à séjourner avec les Innuat de la Côte-Nord. Il sculptait, dessinait, peignait et surtout observait. J’ai pensé à ce moment là qu’il prenait la place des nôtres, son œuvre aurait dû être celle d’un Innu. Pour moi, c’était encore un blanc qui venait exploiter et exporter notre richesse culturelle. J’ai changé d’avis depuis ce temps. Lorsque je regarde ses peintures, je « nous » reconnais de façon vivante et vibrante. Il fallait quelqu’un d’autre pour nous observer ainsi car on ne peut pas être son propre miroir. Ce petit garçon-là, assis sur un ski-doo en plein été, je l’ai vu cent fois mais ne l’ai jamais remarqué tant il m’était familier.
Ceux de ma génération sont comme moi, oursons nés en cage de mère devenue captive, première portée à naître sur la « réserve » avec comme seul héritage notre instinct et la parole transmise des anciens.

André Michel a su saisir notre état d’âme. Ses peintures sont une dénonciation, un cri du cœur, l’écho du désarroi des oursons de l’an 2000.
C’est une réalité qu’il faut oser montrer. J’encourage sa façon de questionner l’Homme dans ses relations avec la terre. Je lui suis reconnaissant de valoriser à travers son œuvre la culture Innu et de la libérer ainsi des cages que sont les réserves de la Côte-Nord, du Québec et de l’Amérique. (texte de Tashineskuamitin, Florent Vollant, Kastin, 1992)

Hydro-Québec est heureuse de donner son appui à une présentation artistique de qualité unique et originale : l’exposition « Entre deux mondes ». Nous croyons fermement en l’universalité du langage des arts visuels, et cette exposition d’André Michel nous permet de réaffirmer une fois de plus cette conviction.

Le défi de l’artiste était grand : saisir l’âme de la jeunesse montagnaise au tournant de deux mondes, le passé et le futur, sans rien bousculer. André Michel a su aimer ce pays de vent, de pudrerie et d’épinetts noires pour en faire unpaysage familier fait de teintes chaudes et chatoyantes. Il en a saisi l’esprit qui survolait cette Côte-Nord pour le déposer, tout en couleurs, dans l’âme de l’observateur.

Hydro-Québec s’est engagé à ce que le développement de ses installations se fasse dans le respect des populations établies sur le territoire. L’exposition « Entre deux mondes » nous donne l’occasion de témoigner de notre engagement. Nous sommes fiers d’être associés à cette exposition et au questionnement qqu’elle ne manquera pas de susciter tout au long de son parcours.

(Richard Drouin, Président du Conseil et Chef de la Direction, Hydro-Québec, 1992)

Bibliographie

Bernier, Robert, « André Michel », dans La peinture au Québec depuis les années 1960, Éditions de l'Homme, 2002.

André MICHEL : Devant le camp André MICHEL : Au téléphone avec le passé André MICHEL : Jadis nous ne buvions pas de lait quand nous vivions dans le bois André MICHEL : Joueur de tambour Voir la galerie

 

 



 

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